Moeschal

Jacques Moeschal

Un Ucclois très connu et pourtant si peu connu…Jacques Moeschal

 

Derrière de nombreuses sculptures monumentales de la Région se cache un homme beaucoup plus discret que ses œuvres :

Jacques Moeschal.

 

De la Flèche du Génie Civil de l’Expo 58 à la Voie des airs de Zaventem, itinéraire d’un grand sculpteur contemporain peu connu sur terre natale…

 

Entre l’été 1913 qui l’a vu naître à Uccle à l’hiver 2004 marqué par sa disparition, Jacques Moeschal a créé un univers formel, dépouillé et rigoureux. Après une double formation en architecture et en sculpture à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, il opte définitivement pour la sculpture non sans avoir mené à bien quelques projets d’habitations.

 

Homme de son temps, Moeschal opte pour les matériaux modernes : béton, acier ou aluminium.

 

Quand les artistes modernes visent à intégrer un espace en se l’appropriant, Jacques Moeschal préférait concevoir ses sculptures comme une animation du lieu. Des œuvres qui s’intègrent parfaitement et prennent tout leur sens à leur emplacement comme des signaux.

 

Ses sculptures sont des jalons, des étapes, des signaux… Connus de tous, à la différence de leur créateur.

 

Petite sélection subjective…

Des sculptures à Bruxelles…

 

Flèche du Génie Civil - Expo 58 ::

Si l’architecte Jean van Doosselaere et l’ingénieur André Paduart sont les pères de la flèche du Génie Civile, ils reconnaissent que la paternité plastique de la flèche en porte à faux revient à Jacques Moeschal. Cette construction spectaculaire, témoin de l’audace du génie belge, fut dynamitée au printemps ’70.

 

Signal de Grand Bigard - 1963 :: Haut de 23 mètres le signal déposé par Jacques Moeschal à Grand Bigard est conçu, selon le sculpteur comme une idée de départ, une envolée vers un ailleurs. Il est salué tous les jours par les navetteurs qui commencent leur journée et tous les vendredis soirs par les Bruxellois qui partent en week-end.

 

Structures rythmées - 1988 :: Le métro bruxelloise est un véritable coffre-fort d’œuvres d’art. Dans la station Gare du Midi, l’œuvre n’est pas installée sur les quais ou plaquée aux murs : elle en fait partie ! Jacques Moeschal a créé une œuvre pour mettre en valeur les constructions brutes, en laissant apparents les éléments très impressionnants du gros-œuvre de la station. Une réalisation qui se découvre en levant la tête : des peintures de plafond.

 

Signe de Lumière - 1999 :: Plantés à la Porte de Namur, les trois fûts semblent indiquer trois directions venant confirmer la dimension de carrefour du lieu. Pour l’admirer en toute sécurité, n’hésitez pas à vous stationner quelques minutes au parking des Deux Portes dont les éléments décoratifs des entrées sont également de Jacques Moeschal.

 

Voie des airs - 2002 :: Imaginé en 1972 pour un échangeur routier, c’est finalement à l’aéroport de Zaventem que l’œuvre phare de Moeschal a été inaugurée en 2002. Le tripode, haut de 23 mètres, est surmonté d’une couronne de cercles enchevêtrés en tôle qui symbolisent la circulation aérienne autour du globe.

 

Et ailleurs…

 

Le sculpteur-architecte bruxellois a multiplié ses signaux à travers le monde. On retrouve ses œuvres notamment dans le désert du Néguev, sur le site des Jeux Olympiques de Mexico et plus près de chez nous au poste frontière franco-belge d’Hensies.

 

Jacques Moeschal

 

(Uccle, 31 juillet 1913 – Ixelles, 24 décembre 2004) est un architecte et sculpteur belge.

 

Anobli par le Roi Baudouin en 1992 au titre de chevalier, il est probablement le sculpteur « monumentaliste » belge le plus connu internationalement.

 

Architecte de formation, élève à l'Académie de Bruxelles (1929-1941), où il deviendra professeur aux côtés d’un de ses maîtres, le professeur Henry Lacoste, il s’oriente rapidement vers la sculpture. Il réalise toutefois, dans l’immédiat après-guerre et l’essentiel des années 1950, divers projets d’habitations, comme, la maison du célèbre violoniste belge Arthur Grumiaux à Rhode-Saint-Genèse (1952), et agrémente de sculptures ou bas-reliefs plusieurs réalisations de ses collègues et amis architectes, comme Robert Schuiten (notamment l’Église Saint-Joseph à Wezembeek-Oppem (1953).

 

Lors de l’expo 1958 à Bruxelles, il collabore (avec les architectes André Paduart et Jean Van Doosselaere) à la réalisation de la célèbre « flèche du génie civil », principale attraction architecturo-sculpturale belge de cet événement après l’Atomium, mais hélas détruite en 1970. Cette réalisation marque le véritable début d’une brillante carrière internationale

 

L’intégration de sculptures monumentales dans les sites urbains ou autres lieux majeurs dans la vie de l’homme représentera toujours une préoccupation essentielle dans la création de Jacques Moeschal : prendre la route, jalonner les étapes par des signes qui guident, qui rassurent, qui témoignent du progrès et du génie de son temps…

 

Même si tout le monde ne connaît pas le nom de leur créateur, les œuvres de Jacques Moeschal sont connues de tous, principalement de ceux qui sillonnent les autoroutes et sont attirés par ses signes devenus familiers.

 

Œuvres majeures

• La flèche du génie civil, à l'expo de 1958.

• « capteur de lumière » (1962) érigé dans le désert du Néguev

• « signal de Grand-Bigard » sur l’échangeur routier de l’E40 avec le ring de Bruxelles (1963),

• le monumental « disque solaire » sur la Route de l’amitié des Jeux olympiques de Mexico,

• le gigantesque « signal d’Hensies » le long de l’autoroute Bruxelles – Paris (1972) dont l’étreinte de mains stylisées, une alliance reliant deux pylônes jumeaux symbolise l’amitié entre la France et la Belgique,

• « signal d’Aalbeke » le long de l’autoroute E17 Gand - Lille (1974)

• la maison « De Keignaert » près d’Ostende (1974),

• la station de la Gare du Midi à Bruxelles (1988),

• « signe de lumière » de la Porte de Namur à Bruxelles (1999),

• « Voie des airs » à l’aéroport de Bruxelles National (2002)

• <sculpture sur la colline> (1974)

 

Philippe Roberts-Jones, Jacques Moeschal ou la sculpture architectonique, Les Carnets d'architecture contemporaine, no 6, CFC-Éditions, Bruxelles, 2002.

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