Avenue Albert

Avenue Albert

Avenue Albert

 

Numéros 1-291 et 2-268 : Forest

Numéros 291A-fin et 270-fin : Uccle

 

Cette avenue porte depuis 1904 le nom du Roi Albert Ier (Bruxelles, le 8 avril 1875 - Marche-les-Dames, le 17 février 1934), à ce moment encore l'héritier.

 

Tracée par Georges Brugmann à partir de 1892 sous le nom d'avenue Longchamp, la partie sur le territoire de Forest fut très vite rebaptisée, en 1895, avenue Négrié, du nom d'un échevin catholique Edgard Négrier.

 

La partie uccloise, la plus importante, devint l'avenue Winston Churchill après la Seconde Guerre mondiale.

 

Albert Ier, prince de Belgique, duc de Saxe, prince de Saxe-Cobourg-Gotha et héritier présomptif de la couronne belge (1905-1909) est né à Bruxelles le 8 avril 1875.

 

Il devient le troisième roi des Belges le 23 décembre 1909, après la mort de son oncle Léopold II. À partir de la Première Guerre mondiale, il est surnommé le Roi Soldat ou le Roi Chevalier.

 

Passionné d'alpinisme et auteur de diverses ascensions importantes, il meurt dans un accident d’escalade à Marche-les-Dames le 17 février 1934.

 

=> La légende du Roi Chevalier....?!

 

Dès le début de la Première Guerre mondiale, se développe une identification entre le peuple belge et son souverain, qui aboutit à une sorte de culte de la personnalité : dans la Belgique occupée, des pièces d'or à son effigie sont utilisées comme bijoux. Après la guerre des porcelaines, des cartes postales, des boites de biscuit à l’effigie du roi en uniforme sont produites. D'après Patrick Roegiers, le roi se prête de son plein gré à l'édification de sa légende en posant pour les artistes.

 

Pourtant le roi n’aimait pas cette épithète de « Roi Chevalier ». En effet, tous ses contemporains s'accordent sur sa modestie. Par ailleurs Patrick Roegiers note qu'il était un cavalier médiocre!!

 

Selon Laurence Van Ypersele, le mythe du roi Albert est né en Belgique dès les premiers jours d'août 1914 : les journalistes et les écrivains belges le présentèrent alors comme l'incarnation de la Belgique, le chevalier de l'honneur, le défenseur du droit. Selon cette historienne, ce n'est qu'ensuite que la propagande française et surtout anglaise a repris le mythe tel quel et l'a diffusé internationalement.

 

Selon Marie-Rose Thielemans, par contre, l'utilisation à des fins de propagande de l'image du roi débute au Royaume-Uni, qui entendait mobiliser sa population pour un motif noble et désintéressé tel que la défense d’un petit pays inoffensif injustement attaqué. Cela permettait surtout d’occulter les vrais enjeux pragmatiques de leur entrée en guerre : arrêter l’Allemagne qui menaçait l’Empire britannique par sa suprématie en Europe et par le développement de sa Kaiserliche Marine95. C’est ainsi que le Daily Telegraph demanda à un romancier de réunir, avant la fin de l’année 1914, des textes à la gloire de la Belgique et de son roi dans un livre nommé King’s Albert Book (publié en décembre), auquel collaborèrent de nombreuses personnalités. C'est grâce à cet ouvrage que l'expression « Roi Chevalier » se répandit. Voici un extrait écrit par Vicente Blasco Ibáñez, qui était pourtant un antimonarchiste notoire :

 

« Il est un héros sans le désirer, sans chercher à le devenir ; il est le héros le plus grand et le plus sympathique de tout le vingtième siècle. Il est le roi-chevalier… ».

 

Selon Pierre Orts, plénipotentiaire et conseiller diplomatique et constitutionnel d'Albert Ier de 1917 à 1919 (une trentaine d'audiences à La Panne puis autant à Bruxelles), l'épithète « Roi Chevalier » ne s'accorde pas du tout avec la personnalité d'Albert Ier :

« Le Roi-Chevalier ! Celui qui, le premier, en forme d’hommage, accola ce vocable au nom d’Albert Ier se rendit coupable d’un véritable attentat à sa personnalité. Puisse la postérité ne point le retenir ; ce serait à désespérer de la vérité historique. Chevalier, le mot n’évoque-t-il pas un aimable mélange de panache, de folle bravoure, de soumission à des servitudes morales périmées, voire de frivolité ? Et il était tout le contraire de cela. L’un de ses biographes, en insistant sur son « sérieux » a résumé en un mot la somme des dons que ce roi mit au service de la fonction royale : la conscience, le sentiment du devoir, la réflexion, la prudence, le sens des possibilités, la patience ».

 

Sa mort tragique et inopinée va donner une vigueur nouvelle à la légende : des rues et des places sont nommées en son honneur et de nombreuses statues sont élevées, de préférence représentant un roi casqué et à cheval.

 

En 1934, un poème de Rodan publié par Le Courrier de l'Armée lui donne les qualificatifs suivants : Albert l'Inoubliable, Albert le Modeste, Albert le Charitable, Albert le Sage, Albert le Bon, le Roi Sublime, le Roi Martyr, le Roi Viril, Albert le Grand, Albert le Bien-Aimé. Pierre Daye, dans Vie et mort d'Albert Ier lui prête un comportement chevaleresque qui confine à la sainteté. La France aussi a connu une grande vague de sympathie envers Albert Ier peu après son décès : des statues furent érigées et de nombreuses voies reçurent son nom. Il est à noter qu'à cette époque la France craignait une dénonciation par la Belgique de l'accord militaire franco-belge de 1920. Ainsi, en hommage à cette figure, la promotion 1933-1935 de l'École spéciale de Saint-Cyr porte son nom.

 

https://fr.wikipedia.org/wi…/Albert_Ier_%28roi_des_Belges%29

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