Clos de l'abbe Froidure

Clos de l'abbé Froidure

Clos de l'abbé Froidure

 

Edouard Froidure, mieux connu comme l'abbé Froidure, né à Ypres (Belgique) le 12 avril 1899 et décédé à Watermael-Boitsfort (Bruxelles) le 10 septembre 1971, est un prêtre catholique belge, rescapé du camp de concentration de Dachau, fondateur d'œuvres sociales dont les Stations de Plein-air et Les Petits Riens.

 

En créant les Petits Riens en 1937 il devança de 12 années la fondation d'Emmaüs par l'Abbé Pierre en France.

 

L'abbé Froidure, le feu sacré

 

Viendrait-il à l'esprit d'un homme infatigable de souhaiter mourir dans son lit? Boutade? Pas vraiment si on l'applique au destin de l'abbé Froidure, ce prêtre qui ne se reposait jamais (et surtout pas sur ses lauriers), qui devait périr accidentellement, le 10 septembre 1971, peu avant minuit, renversé par une voiture devant son domicile de l'avenue Delleur, à Boitsfort. Nous lui avions parlé, l'après-midi même; il rayonnait, comme à son habitude, forgeant de nouveaux projets, lui qui ne cessa non seulement d'en forger, mais de les réaliser. Homme de parole - aux sens propre et figuré -, il était aussi homme d'action. D'action inspirée par sa foi, celle «qui soulève les montagnes». Or des montagnes, «Monsieur l'Abbé» en souleva des chaînes. Ou plutôt: un chapelet.

 

FRAPPER AUX PORTES

 

De son vivant, aussi célèbre chez nous que l'est l'abbé Pierre ou soeur Emmanuelle, l'abbé Froidure fut un soldat de Dieu qui - à l'instar d'un père Damien, d'un père Pire, d'un abbé Daens, pour ne citer que d'éminents disparus - se dépensa sans compter pour le bien des défavorisés. Frapper aux portes, qu'elles soient en bois ou bien en bronze, ne l'intimidait pas puisque, nous confia-t-il souvent, «ce n'est jamais pour moi que je demande quelque chose, mais pour des enfants, des femmes et des hommes qui ont besoin d'aide». D'aide matérielle, d'aide spirituelle, d'aide morale. Usée jusqu'à la corde est l'expression «une vie de roman». Celle de l'Abbé en est pourtant une, et l'on se félicite que le scénariste Michel Dusart (qui lui consacra un album de bandes dessinées, illustré par Marco Venanzi, publié en 1990 et naguère réédité) en conte le cours. Un livre à lire à l'heure où l'on commémore le soixantième anniversaire de la libération des camps de concentration ou d'extermination nazis. Un enfer sur terre que l'abbé Froidure vécut dans sa chair, trente-deux mois durant, prisonnier à Esterwegen, Bergemoor puis Dachau - qu'il ne quittera que le 10 mai 1945; douze jours plus tôt, sa jeune secrétaire, Suzanne Van Durme, s'était éteinte au camp de Bergen-Belsen. L'abbé Froidure fut, en effet, un grand patriote dans les périodes cruciales que connut la Belgique au XXe siècle. Né à Ypres, le 12 avril 1899, il sera dès janvier 1918 volontaire de guerre; des mois au front, en tant qu'artilleur, sur les bords du canal de l'Yser où l'on mourra par milliers. Des semaines terribles, où la Faucheuse frappe à chaque instant, de nuit comme de jour.

 

FLAMBOYANT PRÉDICATEUR

 

Rescapé du premier conflit mondial, l'Abbé se relancera dans l'action patriotique dès l'invasion allemande du 10 mai 40. Il hébergera des enfants juifs par dizaines, ainsi que des parachutistes alliés, sachant ce que cela peut lui coûter. Dénoncé par un traître, il est arrêté, torturé, déporté. C'est l'une des facettes de ce géant. Une autre est sa prodigieuse activité au bénéfice des enfants de milieux pauvres, ou abandonnés. Activité, aussi, au profit des marginaux, des laissés-pour-compte, des sortis de prison qui ne savent où aller. Pour ceux-ci et pour ceux-là, il sera un Vincent de Paul, un don Bosco, un Bon Samaritain, les comparaisons ne valant que ce qu'elles valent. Grâce aux plaines de jeux qu'il crée, développe, anime avec d'admirables bénévoles, des milliers d'enfants traverseront les années de guerre dans des conditions décentes, recevant de la nourriture, de l'affection, de l'attention. De même, en concevant «Les Petits Riens», l'Abbé réinsérera socialement des centaines d'hommes qui avaient perdu le nord et qui, soudain, se sentent rendus à leur dignité. Et comment assez saluer ses lieux d'accueil, d'hébergement, qu'il s'agisse des «Petits Sapins» ou des «Maisons familiales» où, enfin, ne seront plus séparés les frères de leurs soeurs? Un livre qui esquisse le portrait d'un flamboyant prédicateur: quand l'Abbé prêchait, le dimanche, dans les années 50, les églises regorgeaient de monde pour l'écouter brûler. Trente et des ans après la mort de ce bienfaiteur, son oeuvre se poursuit, grâce à la Fédération qui porte son nom. A lire, pour mesurer ce que feu sacré veut dire.

 

Francis Matthys Publié le vendredi 13 mai 2005 à 00h00 - Mis à jour le vendredi 13 mai 2005 à 00h00

 

http://www.lalibre.be/…/l-abbe-froidure-le-feu-sacre-51b889…

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Froidure

 

http://www.froidure.be/

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