Ma famille Uccloise

Ma famille Uccloise

Uccloise depuis 6 générations

 

Quel bonheur d'avoir pu passer du temps dans la poissonnerie que tenait mes grands-parents au Fort Jaco, après qu'ils aient été gérants du Delhaize de l'avenue du Beau Séjour.

 

J'ai ensuite fait mes études à l'Institut Montjoie, avenue Montjoie. J'y allais à pied matin et soir avec mon amie Christine, histoire de prendre le temps du temps et de vivre nos rues.

 

​J'ai entre-temps fait 4 ans d'art dramatique, de diction et de déclamation à l'Académie d'Uccle rue du Doyenné. 4 ans aussi de natation au swimming club de la piscine Longchamp. Ensuite, un an sous contrat à durée déterminée à la maison communale au service des étrangers, vraiment très enrichissant comme expérience.

 

La vie faisant j'ai eu deux beaux enfants que je promenais dans les divers parcs ucclois. Ils ont d'ailleurs fait aussi leurs études à Longchamp, Montjoie, Messidor, Saint Vincent, Uccle 1 ...

 

Je suis devenue propriétaire uccloise d'une maison le 6 décembre 1999, mon havre de paix, mon chez moi.

 

J'ai donc toujours vécu à Uccle et en connais chaque recoin, parfois grâce à de nombreuses promenades, parfois grâce à des ami(e)s habitant un peu partout dans la commune.

 

​J'aime ma commune parce qu'elle représente un savoir vivre, un bien vivre, une plénitude inestimable. Elle inspire le respect et le bien être. Elle est belle. Elle est verte. Elle est fleurie. Elle est autant bourgeoise que villageoise. Elle est accueillante et créative. Uccle n'a rien à voir avec les autres communes, elle est Uccle.

 

​Bruxelles a mérité une image largement désastreuse mais certains coins préservés de Bruxelles comme Uccle ont su conserver leur âme parce que leurs habitants y ont toujours veillé, tant bien que mal…

Mon grand-père et ma grand-mère, José Ferket et Rénée Doyen : Delhaize Beau-Séjour

 

Uccle 1951 à 1960 Delhaize Beau-Séjour

 

​José Ferket, alias « Monsieur Delhaize », et son épouse Rénée Doyen (ma grand-mère et mon grand-père adoré) furent durant une dizaine d’années les gérants de la succursale Delhaize située 30 avenue Beau Séjour à Uccle (coin avec la rue des Framboisiers).

 

​En 1957, Delhaize ouvrit le premier supermarché en libre service d’Europe, place Flagey, sonnant le glas des nombreuses succursales locales.

 

Le supermarché Sarma de la Bascule (rebaptisé Nopri puis Carrefour) était le plus proche de l’avenue Beau-Séjour.

 

Plus tard, ils reprendront la poissonnerie familiale du Fort Jaco pendant de nombreuses années...

La poissonnerie du Fort-Jaco Uccle 1938 à 1973

De 1960 à 1973, mon grand-père a repris définitivement la poissonnerie familiale du Fort Jaco.

Que de merveilleux souvenirs et quel bonheur d'avoir pu manger à profusion du poisson, des crustacés, des maatjes et rollmops, des escargots de Bourgogne et surtout, surtout, les meilleures anguilles au vert de l'univers ! Je crois bien que j'ai fait le plein d'Omega 3 jusqu'à la fin de mes jours jusqu'aux prochaines 3 générations suivantes !

 

Mercredi, jeudi et vendredi étaient les jours consacrés aux poissons.

 

Vendredi après-midi, le magasin – sol et murs carrelés – était nettoyé à grande eau + Javel + « savon noir » et abondamment rincé. Le magasin sentait bon le frais et le propre.

 

Samedi et dimanche étaient consacrés aux volailles.

 

La première poissonnerie du Fort Jaco était située 1370 chaussée de Waterloo.

Après transformations, la poissonnerie du Fort Jaco s’établit au n° 1356 chaussée de Waterloo.

Une impasse pavée longeait l’immeuble et aboutissait à un atelier situé en arrière-maison.

Depuis la guerre, cet atelier était destiné à la préparation de harengs sous différentes formes : frais, fumés, filets au vinaigre, rollmops et harengs entiers au vinaigre.

 

Une partie de la production était destinée aux soldats de l’aérodrome de Melsbroek pendant la 2ème guerre mondiale. Régime protéines et omégas avant l'heure.

Une impasse distincte longeait la maison voisine, amenant à l’atelier du vitrier van Wayenberg et à un terrain vague qui fut ultérieurement aménagé en parking/boxes.

En gros, pendant la guerre, ce sont mes grands-parents ucclois qui ont alimenté en poissons et abreuvé de délicieuses gueuses Lambic (voir précédemment) vos grands-parents.

 

​C’est le hareng qui nous a sauvés…

http://www.etopia.be/spip.php?article2834

L’alimentation pendant la 2ème Guerre mondiale en Belgique

 

Les années de guerre sont, en Belgique comme ailleurs, souvent synonymes de pénurie alimentaire. À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, Bruxelles comptait près de 900.000 habitants qui devaient s’accommoder de cette situation... Les traces des défis du quotidien et des réponses apportées perdurent dans les archives, dans les greniers et dans les mémoires.

 

HIVER 1942-1943 : Le Secours d’Hiver distribue près de 129.000 litres d’huile de foie de morue dans les écoles. Des comprimés de vitamines C et D sont donnés par millions aux écoliers. …..

La flotte de pêche fait une prise miraculeuse de près de 40.000 tonnes de harengs, améliorant de ce fait considérablement les apports alimentaires de la population. Tout le monde mange du hareng et cherche le meilleur moyen de le conserver. Dès lors, le hareng, comme les pommes de terre, devient emblématique de l’alimentation de guerre. Vu par certains comme le « sauveur » en période de pénurie, il est érigé en plat national

 

Cet article est issu de l’exposition intitulée « C’est le hareng qui nous a sauvés », qui s’est déroulée pendant le festival « Park Design » les 5, 6 et 7 septembre 2014 et le « Zaden festival des Graines » les 11 et 12 octobre 2014.

Mon arrière-grand-père et mon arrière-grand-mère, Raoul Doyen et Joséphine Guevorts :

 

Le café du Fort-Jaco

 

Le Café Brasserie du Fort Jaco était l'établissement de mon arrière-grand-père, Raoul Doyen, que j'ai eu le bonheur de connaître jusqu'à mes 12 ans. C'était aussi un sacré bricoleur et réparateur de superbes voitures des année 40...!!

 

Rien de tel en été, qu'une bonne Kriek et d'une tartine de fromage blanc en terrasse, que du bonheur.

 

Uccle 1938 à 1950

Café Brasserie du Fort Jaco

 

En toutes saisons la salle intérieure du Vieux Fort Jaco avait sa clientèle d’habitués. Très, très tôt le matin, des routiers s’y arrêtaient régulièrement.

Elise la serveuse, jupe noire, chemisier et tablier blancs amidonnés, secondait efficacement les patrons avec le sourire et servait aussi la gueuze de main de maître. Tout un art!

 

On y jouait au jacquet, aux dominos, aux dames, à la belote, au pitchesback,….

 

Chaque mois, pendant des années, un vieux monsieur congolais qui semblait avoir toujours eu le même âge, passait avec une tout aussi vieille valise remplie de «carabouillas». Ce bonbon de couleur noir au goût d’anis est originaire du Borinage.

Historiquement, il garantissait une espérance de vie plus longue et une bonne santé aux populations africaines. Ses bâtons de «caliche» au goût de réglisse avaient tout autant de succès .

 

Hergé s’était servi de ce mot pour nommer l’un de ses personnages de Tintin au pays de l’or noir et de Coke en stock.

On conserve la gueuze couchée. Les résidus des ferments se fixent ainsi dans le goulot et à la partie couchée de la bouteille. Il était important que les bouteilles restent toujours couchées dans la même position. Verser la gueuze devait se faire prudemment et avec adresse.

 

​On montait la bouteille de gueuze dans un petit panier en osier et légèrement inclinée.

On débouchait avec un tire-bouchon adapté. Les premiers centilitres étaient jetés et ensuite on versait délicatement.

 

On faisait subir au verre un mouvement rotatif afin que celui-ci soit "rincé" par le breuvage et que se développait cette mousse bien typique. Il fallait éviter que le "fond" ne vienne troubler la limpidité; pour cette raison on ne vidait pas entièrement la bouteille. Il fallait que le verre déborde afin d'éliminer les trop grosses bulles de mousse.

Réussir ces manipulations n'étaient pas à la portée de tous et n'intéressaient certainement pas les cafetiers pressés, plus enclin à servir une simple chope !

 

​Pour ceux qui trouvaient la gueuze trop âcre on leur proposait quelques morceaux de sucre. Afin que la gueuze ne mousse pas trop fortement, le buveur les prenait en main avant de les glisser doucement dans la bière. Ensuite les morceaux pouvaient couler au fond du verre. Au moyen d'un "pilon à gueuze" le sucre était écrasé sur le fond. Le verre devait donc avoir un fond solide.

 

Un gros atout du Vieux Fort Jaco : le très grand jardin à l’arrière, aménagé à la bonne saison avec des tables et de confortables sièges en osier.

​Un énorme noyer trônait au milieu.

Quelques haies et des arbustes fruitiers (cassis, groseilles,..).

 

Une grosse bordure de capucines le long d’une légère clôture qui délimitait une grande zone plantée de dahlias multicolores qui grimpaient à flan de coteaux de la rue des Renards, vers la drève des Gendarmes. A la fin de l’été, les fruits des capucines étaient cueillis et conservés comme des câpres.

 

​A l’une des extrémités, une piste de jeu de quilles en bois (ancêtre du bowling).

Les Bruxellois endimanchés qui s’aventuraient plus loin que le bois de la Cambre venaient s’y reposer et déguster de généreuses tartines au fromage blanc avec des tranches de «ramonach» (radis noirs) ainsi que des radis rouges et de jeunes oignons.

 

​(merci à ma mère pour les nombreux scans familiaux et sa transmission de nos souvenirs)

Le Club des motards du Fort-Jaco

 

Mon arrière-grand-père, Raoul Doyen, qui tenait, pour rappel, le café du Fort Jaco, adorait littéralement la mécanique.

 

Lorsque le café était fermé, ils avaient formé un club de motard de gais lurons Ucclois entre 1914 et 1937.

Avec d'impressionnants side-cars!

 

L’association des commerçants d’Uccle Bascule organise maintenant chaque année, une journée spéciale dédiée aux motards avec bénédiction.

Copyright Kerkour Leila 2016