Ovide Decroly

Ovide Decroly

Histoire de trois grandes figures Belges et Uccloises de l'enseignement national et aussi international:

 

Rue Gatti de Gamond, derrière la maison communale origine du nom est

Isabelle Gatti de Gamond féministe, spécialiste belge de l'éducation et c'est la première femme belge franc-maçonne.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_Gatti_de_Gamond

 

Ecole Decroly, Drève des Gendarmes 45 origine du nom est

Ovide Decroly est un pédagogue, médecin, et psychologue belge, mort à Uccle en 1932. Il lutta pour une réforme profonde de l'enseignement basée sur la « méthode globale » d'apprentissage de la lecture et de l'écriture1, participa par ses travaux au mouvement de l'éducation nouvelle et adhéra à la Ligue internationale pour l'éducation nouvelle.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ovide_Decroly

 

Ecole Hamaïde, avenue Hamoir origine du nom est

Amélie Hamaïde (1888-1970) l’illustre inconnue de la pédagogie Decroly

http://www.cairn.info/revue-cahiers-bruxellois-2015-1-p-132…

 

Le parcours de la pédagogue belge Amélie Hamaïde (1888-1970) est représentatif du mouvement d’émancipation professionnelle des femmes par le biais de l’accès à l’enseignement secondaire et supérieur. Son itinéraire est à la fois singulier et caractéristique d’une génération de femmes pédagogues belges restées dans l’ombre du fondateur, masculin, de la pédagogie Decroly. Pourtant la pédagogie Decroly, hier comme aujourd’hui, doit beaucoup à Amélie Hamaïde.

 

Dans cette contribution, nous nous appuierons sur les éléments épars de sa correspondance, mais aussi sur ses propres publications ainsi que sur les Archives de la ville de Bruxelles. Nous voudrions esquisser une réflexion sur celle qui fut l’illustre inconnue de la pédagogie Decroly. Illustre car sans elle, la pédagogie Decroly n’aurait pas le même visage. En effet, elle est la directrice de l’école Decroly de l’Ermitage de 1924 à 1934 et dès 1922, elle publie un ouvrage intitulé La méthode Decroly qui reste l’outil majeur de la diffusion de la pédagogie Decroly. Figure illustre de la pédagogie Decroly également car Amélie Hamaïde suit pas à pas les travaux d’Ovide Decroly et le seconde dans toutes ses activités professionnelles. A ce titre, elle apparaît à la mort du pédagogue en 1932 comme son héritière naturelle en reprenant toutes ses fonctions en Belgique mais aussi à l’extérieur, en particulier comme représentante belge de la ligue internationale de l’Education nouvelle.

 

Néanmoins, elle reste une figure inconnue de la pédagogie Decroly car elle demeura constamment dans l’ombre du fondateur. Même après la mort de Decroly, elle pérennise sa pédagogie sans chercher à l’adapter mais au contraire en cultivant ce rôle de « gardienne du temple ». La création de sa propre école en 1934 peut apparaître à priori comme une marque d’émancipation, elle fut en réalité la marque d’une volonté de maintenir la pédagogie Decroly telle qu’elle fut pensée et pratiquée par Decroly.

 

L’itinéraire d’Amélie Hamaïde, peu connu, malgré les sources, permet d’éclairer à la fois l’histoire de ces femmes pédagogues du début du XXe siècle et d’autre part de comprendre une partie de l’histoire du féminisme pédagogique qui se dessine dans ses ambiguïtés et sa complexité.

Amélie Hamaïde personnifie ce mouvement modéré qui préjuge de façon indéfectible à l’émancipation par le savoir, l’égalité de tous par l’éducation et la coéducation des sexes. Sans jamais être un « porte-voix » de la cause féministe à travers son parcours, c'est un exemple d’émancipation féminine qui reste dans l’historiographie jusqu’à aujourd’hui comme l’image de la « dévouée Mademoiselle Hamaide », soutien indéfectible d’Ovide Decroly et non une pédagogue à part entière.

D’Isabelle Gatti de Gamond à Decroly, l’illustration d’un féminisme pédagogique

 

La création en 1864, à Bruxelles, des cours d’éducation pour jeunes filles est une étape importante de la promotion intellectuelle des femmes dans le secondaire et vers le supérieur, mais aussi un enjeu de la laïcisation de l’enseignement féminin. Le parcours scolaire d’Amélie Hamaïde ne peut se comprendre que dans ce contexte. Son itinéraire est ponctué des rencontres avec trois figures de ce féminisme laïc : Marie Monod, Isabelle Gatti de Gamond et Lilly Carter.

Marie Monod et l’école moyenne de Malines

 

Née en 1888 à Liège, Amélie Hamaïde entame sa scolarité secondaire à Malines à l’école moyenne pour filles dirigée par Marie Monod. Cette dernière, née en 1856 à Bruxelles est représentative de cette première génération de féministes, qui, par l’éducation, tentent une transformation des relations hommes-femmes et de la société. Régente en 1883, elle prend la direction de l’école moyenne de Malines mais doit subir les critiques et l’hostilité de sa hiérarchie qui, dans son cours de morale, s’oppose à ses prises de positions « féministes » . En 1912, Marie Monod prendra la direction du cours d’éducation à la ville de Bruxelles et participera à la création, la même année, de la section bruxelloise de l’alliance des femmes belges pour la paix par l’éducation. Ainsi à Malines, Amélie Hamaïde est déjà en contact avec un enseignement qui propose aux filles des possibilités de poursuivre leur scolarité et qui enseigne les principes du libre examen.

Mais l’étape cruciale pour Amélie Hamaïde est sans conteste son intégration au cours d’éducation d’Isabelle Gatti de Gamond qui fut le creuset de toute une génération de pédagogues et de la plupart des futures enseignantes de l’école Decroly.

 

En octobre 1864, avec le soutien de la ligue de l’enseignement et de la ville de Bruxelles, elle crée un cours d’éducation pour jeunes filles. Le cours d’éducation d’Isabelle Gatti de Gamond marque le début de l’enseignement secondaire féminin belge.

 

Elle met en place tout un programme général d’études et ouvre une section permettant à certaines de ses élèves d’accéder à l’enseignement universitaire. Amélie Hamaïde intègre la section de formation de régentes, créée en 1879 et la section supérieure préparant à l’université, créée en 1891. Le programme est littéraire, scientifique et moral en préconisant un enseignement rationaliste, laïc autour des notions de libre-examen et de respect de l’autre. En 1899, étant pensionnée, Isabelle Gatti de Gamond quitte la direction du cours d’éducation et s’investit ouvertement non seulement dans le combat d’émancipation des femmes mais aussi au sein du mouvement socialiste belge et de l’enseignement rationaliste.

L’influence de Zoé et Isabelle Gatti de Gamond est aussi forte sur le mouvement féministe belge. Déçue par le manque de résultats concrets pour les femmes, Zoé Gatti de Gamond choisit résolument de faire de l’éducation le pivot de son combat. C’est par l’égalité intellectuelle que les femmes pourront obtenir leur émancipation sociale puis politique

Parmi les défenseurs de la femme, beaucoup ont été dupes de leurs illusions, de leur système. Ils ont cru qu’en changeant les lois, ils changeraient les mœurs tandis que les mœurs seules modifient réellement les législations

Amélie Hamaïde resta toute sa vie attachée à l’image de l’enseignante « dévouée » dans une tradition de la femme maternelle « faite » pour l’éducation. L’itinéraire d’Amélie Hamaïde illustre néanmoins une des figures du féminisme pédagogique issu du cours d’éducation d’Isabelle Gatti de Gamond. Les convictions politiques et pédagogiques sont affirmées : laïcité, égalité homme-femme, mixité et coéducation. Avec Decroly, elle participe à la construction de cette éducation nouvelle qui définit l’enfant comme un être singulier et social. Mais elle reste dans une fonction de praticienne et d’exécutante de la pédagogie Decroly. Jean Houssaye définit les pédagogues comme ceux qui à la fois pratiquent et réfléchissent à leur pratique. Ce fut le cas d’Amélie Hamaïde, mais en restant une disciple fidèle de Decroly elle participa à la perpétuation de ses idées, à la diffusion des principes directeurs de globalisation des savoirs, de structuration de la pensée par les centres d’intérêt et par l’étude du milieu mais sans jamais s’écarter ou tenter une adaptation des principes directeurs ou des activités de cette pédagogie. Ainsi, Amélie Hamaïde resta dans une tradition sociale très ancrée de la praticienne, collaboratrice zélée du pédagogue masculin et malgré la création de sa propre école ne réussit pas à affirmer son propre courant pédagogique en grande partie par fidélité à la personne d’Ovide Decroly.

Copyright Kerkour Leila 2016